Interviews :

Mathieu Reynès à propos du nouvel album d’Harmony

- 31/08/2016

Harmony, tome 2

En janvier 2016 (et même quelques semaines plus tôt, dans le Journal Spirou), vous découvriez Harmony, une jeune fille dotée d’étranges pouvoirs – la télékinésie – et protégée (ou séquestrée) par un colosse solitaire, Nita… Dans « Indigo » (en librairie le 2 septembre 2016), le deuxième épisode de la série de Mathieu Reynès, on va découvrir le passé de ces deux personnages énigmatiques. Rencontre avec l’auteur :

Tu démarres ce deuxième épisode avec un objet montré aux lecteurs dans le tome 1 : une photo encadrée de la fille de Nita. Un Nita qu’on découvre plus jeune, et dénommé William Torres… Tu as beaucoup cherché une manière aussi claire de dire au lecteur : attention, ce tome 2 est un flash-back ?

J’aurais beaucoup de mal à te répondre précisément parce que l’écriture de cette seconde partie remonte à quelques années… Ce qui est sûr, c’est que je voulais que le lecteur comprenne de lui-même que c’est un flash-back. Comme ça a dû se voir dans le tome 1, je n’aime pas apporter les réponses sur un plateau ! Ici, grâce à la photo, le lecteur peut se douter qu’on est dans le passé, puis en découvrant Harmony plus jeune, il en a la confirmation et évalue de combien d’années à peu près on est retournés en arrière. Il ne reste plus qu’à faire le lien entre Torres et Nita, même si physiquement ça ne saute pas aux yeux ! Je trouvais intéressante cette entrée en matière pour une suite.

Harmony, tome 2 : extrait

Autre tome, autre époque, autre ambiance : le laboratoire a remplacé la maison dans les bois. C’est un décor plus « technique », plus froid… Plus difficile, aussi ?
(suite…)

Photos :

Angoulême 2016

- 4/02/2016

Quelques auteurs étaient en dédicace à la librairie Cosmopolite d’Angoulême dans le cadre du festival de la bande dessinée.

Ci-dessous quelques photos prises lors de la séance de Mathieu Reynès (« Harmony« ) et lors de la rencontre à l’espace Polar SNCF avec Bastien Vivès, Ruppert & Mulot (« Olympia« ), que l’on retrouve également dans ce court entretien vidéo.

Angoulême 2016 : Mathieu Reynès (Harmony) en dédicaceAngoulême 2016 : Mathieu Reynès (Harmony) en dédicaceAngoulême 2016 : rencontre à l'espace Polar SNCFAngoulême 2016 : rencontre à l'espace Polar SNCFAngoulême 2016 : rencontre à l'espace Polar SNCF

Interviews :

« Harmony » la nouvelle série de Mathieu Reynès

- 17/12/2015

Harmony, tome 1

La dernière fois qu’on avait vu Mathieu Reynès, c’était il y a quatre ans avec le beau diptyque « La Mémoire de l’eau« , dessiné par Valérie Vernay. Aujourd’hui, celui à qui l’on doit aussi la saga « Alter Ego » avec Denis Lapière et Pierre-Paul Renders se lance dans un nouveau projet.

Dans cette nouvelle série, tu t’affirmes auteur complet. Quelle est l’origine d’Harmony ?

Mes premières esquisses autour d’ « Harmony » remontent à 2006 ; à l’époque je n’avais pas vraiment de projet d’histoire précis, juste une envie d’aborder certains thèmes, certaines ambiances et de mettre en scène une adolescente aux pouvoirs télékinétiques. Ce n’est qu’en 2011 que j’ai vraiment attaqué l’écriture d’ « Harmony« . La version actuelle est en fait la fusion de trois scénarios distincts qui tournaient autour du même thème. L’idée de départ, même si je m’en suis un peu éloigné finalement, était de parler de l’équilibre des forces et des énergies, que ce soit dans la nature autour de nous ou en nous-mêmes. Cette notion d’harmonie est très importante pour moi.

Tu entames cette nouvelle histoire avec deux « prologues », en quelque sorte : d’abord dans un univers lointain, ensuite avec ce repas familial à table… Envie de perdre le lecteur, de l’intriguer, de le déboussoler ?

C’est tout à fait ça ! Je veux que le lecteur se sente perdu au début, comme Harmony qui se réveille amnésique, puis qu’il recompose lui-même le puzzle de l’intrigue au fur et à mesure de sa lecture. Certains éléments qui peuvent paraître hors sujet ne prendront du sens que dans plusieurs albums ! Je sais exactement où je vais avec Harmony, j’ai pris le temps de tracer la route, c’est donc d’autant plus amusant pour moi (et pour le lecteur, j’espère) de placer quelques obstacles sur le parcours narratif !

Une adolescente recueillie ou séquestrée ? C’est l’interrogation que tu fais naître dès le début. Comment travailler cette ambiguïté, comment la mettre en scène ?

Il était très important pour moi de laisser planer le doute aussi longtemps que possible sur la situation et les rapports entre Harmony et Nita. J’ai donc choisi un lieu clos, sombre et inquiétant : une cave. Le lecteur y est enfermé avec les personnages, il n’a pas de vision extérieure de la scène. Il découvre tout en même temps qu’Harmony. J’essaie de faire en sorte que le lecteur vive l’aventure avec le personnage, qu’il ne soit pas seulement spectateur. Le fait qu’il y ait peu de dialogues aide également à créer ce doute, cette ambiguïté sur les intentions de Nita.

As-tu fait beaucoup de recherches graphiques pour trouver le look d’Harmony et de Nita ?

En ce qui concerne Harmony, oui, son design a pas mal évolué de la jeune petite brunette aux traits ronds à la grande blonde décolorée. Je me suis inspiré du look de la chanteuse Taylor Momsen. J’aime ce contraste entre un physique « angélique » (la peau claire, des longs cheveux blonds, des traits fins) opposé à un look et un caractère plus rock’n’roll. Le physique de Nita est très lié à ce que je voulais qu’il dégage : un homme imposant, austère et « sauvage ». Un homme des bois, quoi. Là je suis plus dans le stéréotype… mais c’est pour mieux perdre le lecteur qui découvrira au tome 2 qui est vraiment ce personnage.

Harmony - illustrations réalisées en 2006Harmony - illustrations réalisées en 2012HarmonyHarmony - crayonnéHarmony - bleu

Découvrez sans plus tarder les premières pages de « Memento », le premier tome d’Harmony qui sera disponible en librairie dès le 29 janvier 2016.