Interviews :

Les Tuniques Bleues : 60 albums, une consécration !

- 26/09/2016

Les Tuniques Bleues, tome 60

Infatigable Raoul Cauvin ! Même s’il a pris sa retraite comme employé des Éditions Dupuis en septembre 2013, le scénariste reste, à 78 ans, très actif… Ce nouvel épisode des Tuniques bleues en est la preuve, qui multiplie les clins d’oeil à l’intention des lecteurs fidèles de la série. Rencontre avec le scénariste prolifique…

Tu évoquais à la fois la richesse d’une période historique comme la Guerre de Sécession, et la difficulté de trouver à chaque fois une vraie bonne idée de scénario.

J’ai la chance d’avoir un éventail de lecteurs très différents pour Les Tuniques bleues. Je continue à recevoir du courrier de ces lecteurs, et certains me signalent des anecdotes historiques qui m’inspirent. Je viens de terminer le scénario du 61e album, dont l’idée de départ m’a été donnée par un lecteur. Quand ça titille mon imagination, je vais vérifier les sources, les dates, et puis je me lance.

Pour construire un nouveau scénario, tu gardes ta bonne vieille méthode de t’allonger sur ton canapé ?

Non, j’ai troqué le canapé contre la chaise longue… Parce que sur le canapé, j’ai tendance à m’assoupir ! Alors que sur la chaise longue de mon bureau, si je m’endors, je glisse et je tombe !

Une fois que tu te lances, tu ne t’interromps jamais pour alterner avec l’une ou l’autre de tes séries ?

Non, quand je travaille sur un scénario des Tuniques bleues, c’est en continu. Si je procédais par séquences, si je faisais des pauses dans mon écriture, j’aurais peur d’être victime de changements d’humeur ou de contraintes extérieures. J’aime autant travailler sur un 44 planches tant que je me sens le même ! Or, une fois que j’ai réuni ma documentation et toutes mes notes préparatoires, l’écriture du découpage proprement dit va assez vite. Ça prend trois ou quatre semaines. Mais j’essaie toujours de ne pas l’interrompre. Par contre, pour une histoire courte de Cédric ou un gag de Pierre Tombal, le processus est tout différent.

Les Tuniques Bleues, tome 60 : crayonné de la première caseLes Tuniques Bleues, tome 60 : la première case terminéeLes Tuniques Bleues, tome 60 : recherche de personnagesLes Tuniques Bleues, tome 60 : crayonnéLes Tuniques Bleues, tome 60 : crayonné

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Interviews :

Le secret des couleurs de Michel Vaillant

- 5/09/2016

À l’occasion de la sortie de « Renaissance », nouvel album de Michel Vaillant – Nouvelle Saison, découvrez les dessous de la mise en couleurs d’une BD d’aujourd’hui.

Vous n’avez pas encore eu l’occasion de découvrir cet album ? Nous vous invitons à le faire sans plus tarder >>

Interviews :

Mathieu Reynès à propos du nouvel album d’Harmony

- 31/08/2016

Harmony, tome 2

En janvier 2016 (et même quelques semaines plus tôt, dans le Journal Spirou), vous découvriez Harmony, une jeune fille dotée d’étranges pouvoirs – la télékinésie – et protégée (ou séquestrée) par un colosse solitaire, Nita… Dans « Indigo » (en librairie le 2 septembre 2016), le deuxième épisode de la série de Mathieu Reynès, on va découvrir le passé de ces deux personnages énigmatiques. Rencontre avec l’auteur :

Tu démarres ce deuxième épisode avec un objet montré aux lecteurs dans le tome 1 : une photo encadrée de la fille de Nita. Un Nita qu’on découvre plus jeune, et dénommé William Torres… Tu as beaucoup cherché une manière aussi claire de dire au lecteur : attention, ce tome 2 est un flash-back ?

J’aurais beaucoup de mal à te répondre précisément parce que l’écriture de cette seconde partie remonte à quelques années… Ce qui est sûr, c’est que je voulais que le lecteur comprenne de lui-même que c’est un flash-back. Comme ça a dû se voir dans le tome 1, je n’aime pas apporter les réponses sur un plateau ! Ici, grâce à la photo, le lecteur peut se douter qu’on est dans le passé, puis en découvrant Harmony plus jeune, il en a la confirmation et évalue de combien d’années à peu près on est retournés en arrière. Il ne reste plus qu’à faire le lien entre Torres et Nita, même si physiquement ça ne saute pas aux yeux ! Je trouvais intéressante cette entrée en matière pour une suite.

Harmony, tome 2 : extrait

Autre tome, autre époque, autre ambiance : le laboratoire a remplacé la maison dans les bois. C’est un décor plus « technique », plus froid… Plus difficile, aussi ?
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Interviews :

Ralph Azham, quelques secrets dévoilés par Trondheim

- 30/08/2016

Ralph Azham, tome 9

Après avoir vaincu le redouté Vom Syrus, Ralph Azham est devenu surintendant du royaume d’Astolia. Désormais au sommet de l’État, il est pris d’une certaine lassitude et de sérieux doutes. Lewis Trondheim nous livre quelques secrets de fabrication de « Point de rupture », tome 9 qui sera disponible dès le 2 septembre 2016, chapitre-clé de la saga.

L’épisode précédent se terminait par une grande bataille contre Tilda Pönns et une sévère déroute pour Ralph. On le retrouve tout penaud et paranoïaque dans cette entame de récit. C’est un moment-charnière dans ta saga ?

Ce n’est pas un tournant de l’histoire, mais carrément le point principal de cette série ! Toutes les aventures précédentes étaient intéressantes, mais mon objectif était d’arriver à ce stade précis : au moment où Ralph a le pouvoir. Une fois arrivé là, quel est le pire ennemi : le roi ? Tilda Pönns ? Lui-même ? Le pouvoir corrompt, Ralph le comprend et cherche des garde-fous. Dès que l’on a un peu de pouvoir, on peut être tenté d’en abuser. Comment fait-on pour rester un être humain intègre ? Ralph va devoir trouver sa voie car effectivement, notre pire ennemi, c’est nous-mêmes.

Dans Ralph Azham, tu alternes des scènes de discussion qui font avancer l’intrigue, et des scènes d’action. Comment trouves-tu le bon équilibre ?

Idéalement, j’aimerais ne faire que des scènes d’action, mais l’album se lirait trop vite ! Au cinéma, si je vois une scène de poursuite de dix minutes, je m’ennuie. Je garde cela en tête : mes scènes d’action ne doivent pas être gratuites, il doit y avoir un angle inédit. Puis j’aime la psychologie des personnages et le rapport entre eux. J’aime l’idée que l’on puisse relire mes albums avec plaisir et à des âges différents. C’est pour cela que je fonctionne souvent par improvisation, ma structure scénaristique est très flexible, même si je cadre au dernier tiers de mes scénarios pour savoir où je vais atterrir. Je ne veux pas faire des albums jetables.

Dans ton histoire, il y a différents pouvoirs, des artefacts magiques auxquels sont confrontés Ralph et ses amis. D’une part, ce sont de très bons outils pour créer des rebondissements et d’autre part, il faut conserver la logique propre de cette magie. Est-ce que ça te facilite la tâche au moment d’élaborer ton scénario ?
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Interviews :

Frank Pé nous raconte son aventure avec Spirou

- 28/07/2016

Frank Pé est de retour depuis quelques semaines dans le Journal de Spirou avec « La Lumière de Bornéo », une aventure originale de Spirou réalisée avec la complicité de Zidrou.

Question inévitable : qu’est-ce qui t’a donné envie de te frotter à ce héros fondateur du journal, déjà si fréquenté par tant d’auteurs différents ?

Ce qui m’a donné envie, c’est ce côté fondateur justement, mais fondateur de mon propre parcours : Franquin est l’auteur qui m’a quasiment éveillé à la bande dessinée, avec une ouverture du coeur qui m’est restée jusqu’à maintenant, et qui n’a fait que s’amplifier au fil des ans. L’envie de faire un Spirou m’a toujours titillé, mais l’humilité s’impose tout de suite, ah ! Il m’a fallu atteindre presque mes soixante ans pour me dire : « Allez, peut-être que maintenant, je vais oser ! » Surtout qu’il ne s’agit plus de faire du Franquin, mais de faire du Spirou, tout simplement, à ma manière. Là, je me suis débloqué, je me suis dit : « On y va, quoi ! »

Le Spirou de Frank et Zidrou : Premier découpage de la planche 1Le Spirou de Frank et Zidrou : Version définitive de la planche 1Le Spirou de Frank et Zidrou : premier découpage de la planche 2Le Spirou de Frank et Zidrou : recherches graphiquesLe Spirou de Frank et Zidrou : recherches graphiques

Tu cites Franquin, mais il s’est passé beaucoup de choses dans cette série depuis sa reprise par Fournier en 1970… Est-ce que les différentes reprises du personnage t’ont aidé à te décomplexer face à la responsabilité de dessiner Spirou ?
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