Interviews :

Le secret des couleurs de Michel Vaillant

- 5/09/2016

À l’occasion de la sortie de « Renaissance », nouvel album de Michel Vaillant – Nouvelle Saison, découvrez les dessous de la mise en couleurs d’une BD d’aujourd’hui.

Vous n’avez pas encore eu l’occasion de découvrir cet album ? Nous vous invitons à le faire sans plus tarder >>

Interviews :

Mathieu Reynès à propos du nouvel album d’Harmony

- 31/08/2016

Harmony, tome 2

En janvier 2016 (et même quelques semaines plus tôt, dans le Journal Spirou), vous découvriez Harmony, une jeune fille dotée d’étranges pouvoirs – la télékinésie – et protégée (ou séquestrée) par un colosse solitaire, Nita… Dans « Indigo » (en librairie le 2 septembre 2016), le deuxième épisode de la série de Mathieu Reynès, on va découvrir le passé de ces deux personnages énigmatiques. Rencontre avec l’auteur :

Tu démarres ce deuxième épisode avec un objet montré aux lecteurs dans le tome 1 : une photo encadrée de la fille de Nita. Un Nita qu’on découvre plus jeune, et dénommé William Torres… Tu as beaucoup cherché une manière aussi claire de dire au lecteur : attention, ce tome 2 est un flash-back ?

J’aurais beaucoup de mal à te répondre précisément parce que l’écriture de cette seconde partie remonte à quelques années… Ce qui est sûr, c’est que je voulais que le lecteur comprenne de lui-même que c’est un flash-back. Comme ça a dû se voir dans le tome 1, je n’aime pas apporter les réponses sur un plateau ! Ici, grâce à la photo, le lecteur peut se douter qu’on est dans le passé, puis en découvrant Harmony plus jeune, il en a la confirmation et évalue de combien d’années à peu près on est retournés en arrière. Il ne reste plus qu’à faire le lien entre Torres et Nita, même si physiquement ça ne saute pas aux yeux ! Je trouvais intéressante cette entrée en matière pour une suite.

Harmony, tome 2 : extrait

Autre tome, autre époque, autre ambiance : le laboratoire a remplacé la maison dans les bois. C’est un décor plus « technique », plus froid… Plus difficile, aussi ?
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Interviews :

Ralph Azham, quelques secrets dévoilés par Trondheim

- 30/08/2016

Ralph Azham, tome 9

Après avoir vaincu le redouté Vom Syrus, Ralph Azham est devenu surintendant du royaume d’Astolia. Désormais au sommet de l’État, il est pris d’une certaine lassitude et de sérieux doutes. Lewis Trondheim nous livre quelques secrets de fabrication de « Point de rupture », tome 9 qui sera disponible dès le 2 septembre 2016, chapitre-clé de la saga.

L’épisode précédent se terminait par une grande bataille contre Tilda Pönns et une sévère déroute pour Ralph. On le retrouve tout penaud et paranoïaque dans cette entame de récit. C’est un moment-charnière dans ta saga ?

Ce n’est pas un tournant de l’histoire, mais carrément le point principal de cette série ! Toutes les aventures précédentes étaient intéressantes, mais mon objectif était d’arriver à ce stade précis : au moment où Ralph a le pouvoir. Une fois arrivé là, quel est le pire ennemi : le roi ? Tilda Pönns ? Lui-même ? Le pouvoir corrompt, Ralph le comprend et cherche des garde-fous. Dès que l’on a un peu de pouvoir, on peut être tenté d’en abuser. Comment fait-on pour rester un être humain intègre ? Ralph va devoir trouver sa voie car effectivement, notre pire ennemi, c’est nous-mêmes.

Dans Ralph Azham, tu alternes des scènes de discussion qui font avancer l’intrigue, et des scènes d’action. Comment trouves-tu le bon équilibre ?

Idéalement, j’aimerais ne faire que des scènes d’action, mais l’album se lirait trop vite ! Au cinéma, si je vois une scène de poursuite de dix minutes, je m’ennuie. Je garde cela en tête : mes scènes d’action ne doivent pas être gratuites, il doit y avoir un angle inédit. Puis j’aime la psychologie des personnages et le rapport entre eux. J’aime l’idée que l’on puisse relire mes albums avec plaisir et à des âges différents. C’est pour cela que je fonctionne souvent par improvisation, ma structure scénaristique est très flexible, même si je cadre au dernier tiers de mes scénarios pour savoir où je vais atterrir. Je ne veux pas faire des albums jetables.

Dans ton histoire, il y a différents pouvoirs, des artefacts magiques auxquels sont confrontés Ralph et ses amis. D’une part, ce sont de très bons outils pour créer des rebondissements et d’autre part, il faut conserver la logique propre de cette magie. Est-ce que ça te facilite la tâche au moment d’élaborer ton scénario ?
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Interviews :

Frank Pé nous raconte son aventure avec Spirou

- 28/07/2016

Frank Pé est de retour depuis quelques semaines dans le Journal de Spirou avec « La Lumière de Bornéo », une aventure originale de Spirou réalisée avec la complicité de Zidrou.

Question inévitable : qu’est-ce qui t’a donné envie de te frotter à ce héros fondateur du journal, déjà si fréquenté par tant d’auteurs différents ?

Ce qui m’a donné envie, c’est ce côté fondateur justement, mais fondateur de mon propre parcours : Franquin est l’auteur qui m’a quasiment éveillé à la bande dessinée, avec une ouverture du coeur qui m’est restée jusqu’à maintenant, et qui n’a fait que s’amplifier au fil des ans. L’envie de faire un Spirou m’a toujours titillé, mais l’humilité s’impose tout de suite, ah ! Il m’a fallu atteindre presque mes soixante ans pour me dire : « Allez, peut-être que maintenant, je vais oser ! » Surtout qu’il ne s’agit plus de faire du Franquin, mais de faire du Spirou, tout simplement, à ma manière. Là, je me suis débloqué, je me suis dit : « On y va, quoi ! »

Le Spirou de Frank et Zidrou : Premier découpage de la planche 1Le Spirou de Frank et Zidrou : Version définitive de la planche 1Le Spirou de Frank et Zidrou : premier découpage de la planche 2Le Spirou de Frank et Zidrou : recherches graphiquesLe Spirou de Frank et Zidrou : recherches graphiques

Tu cites Franquin, mais il s’est passé beaucoup de choses dans cette série depuis sa reprise par Fournier en 1970… Est-ce que les différentes reprises du personnage t’ont aidé à te décomplexer face à la responsabilité de dessiner Spirou ?
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Interviews :

Maggy Garrisson, bientôt de retour !

- 14/07/2016

EMaggy Garrisson, tome 3

Revoilà Maggy Garrisson, son humour désenchanté et sa perspicacité très pragmatique. Imaginée par Lewis Trondheim, dessinée par Stéphane Oiry, cette série originale n’a pas à rougir de la comparaison avec les meilleures séries actuelles de la télévision britannique.

Cet épisode démarre avec une séquence insolite. Stéphane, toi qui as vécu à Londres, connaissais-tu cette pratique de vente aux enchères de containers ?
Découvrir cet extrait >>

Non, absolument pas ! Ce fut une des surprises du scénario quand j’ai découvert les premières pages. J’ai appris que cette pratique était assez connue puisqu’elle fait l’objet d’une émission de télé-réalité (dont le nom m’échappe). Lewis connaissait cette série, mais il ne m’a pas précisé si c’était sa source d’inspiration. Je sais par ailleurs qu’il se documente pas mal dans la presse anglaise ; une des enquêtes de Maggy dans cet épisode lui a été suggérée par la lecture d’un fait divers dans un journal anglais. Lewis m’a envoyé le lien vers Street View sur Google de l’endroit réel où se situe ce parc à containers, et c’est typiquement le genre de lieu que j’aime bien dessiner ! Ces décors qui sont a priori d’une grande banalité, permettent de travailler une forme de géométrie que j’aime bien… C’était un vrai plaisir ! Et pour dessiner le bazar à l’intérieur du container, j’ai essayé de trouver des photos de vieux greniers pour m’en inspirer.

Est-ce qu’il n’est pas difficile de travailler sur des décors aussi fouillés dans une mise en page où tu privilégies les cases carrées du gaufrier ?

Difficile, je ne sais pas… Un de mes grands plaisirs graphiques, c’est le dessin de paysages et d’architectures. C’est donc un vrai bonheur pour moi de représenter tous ces endroits. La difficulté, c’est d’inscrire ces personnages dans ces lieux. Je me retrouve parfois dans des situations où les personnages sont de plus en plus petits dans les cases. Ils en sont alors réduits à des silhouettes, à avoir de moins en moins de place dans le cadre. J’ai eu peur de les perdre, mais j’ai assumé le fait que ces personnages étaient devenus familiers au lecteur, et qu’il n’y avait pas forcément besoin de toujours zoomer dessus ! J’ai aussi assumé d’être un peu plus tranché dans les ruptures de plan, d’oser un peu plus de gros plans entre deux plans généraux. Je crois que le découpage est plus aventureux, plus « bousculé » que dans les deux précédents albums.

On le sait, le parti pris de la série est très réaliste : pas de scènes d’action spectaculaires, et pas mal de scènes de dialogues. Même si ces textes sont très bien écrits, on sait que ça peut être un cauchemar pour le dessinateur, ces scènes où deux personnages causent dans une cuisine…

Ça ne me fait plus trop peur, car je réalise que la plupart de mes albums sont constitués de personnes qui discutent, qui marchent dans des décors et qui boivent des bières ou du thé ! Je ne dis pas pour autant que c’est toujours simple à dessiner pour moi. Ce n’est pas facile de renouveler la gestuelle, parce qu’elle est assez banale, et on peut très vite tomber dans les redites. C’est un défi, mais assez ludique : je joue les scènes ou je les fais jouer par ma compagne… Prends l’exemple du personnage qui ouvre le frigo et regarde dedans : comment on fait pour rendre ça expressif et lisible ? Il ne s’agit là que d’attitudes très quotidiennes, mais c’est très jouissif quand on trouve le dessin juste pour les représenter.

Tu évoquais les gros plans. Dans le cinéma réaliste et dans les séries anglaises, les réalisateurs peuvent travailler beaucoup sur l’expressivité des acteurs dans les gros plans… Ce qui est impossible en bande dessinée, non ?

Oui en effet ! J’en ai pris conscience très rapidement quand j’ai commencé à faire de la bande dessinée : la représentation des visages en gros plan est un exercice très casse-gueule ; les expressions que l’on veut dessiner aboutissent souvent à des grimaces. C’est très difficile de faire passer des émotions uniquement par le visage en bande dessinée réaliste. Tardi déclarait en substance que si l’on filme le visage d’une actrice en larmes, il y a vraiment une émotion qui passe, tandis que si l’on fait la même chose en bande dessinée, il ne se passe rien ! On regarde juste du dessin, et pas une émotion ! C’est sans doute pour ça que beaucoup de bandes dessinées réalistes ne me touchent pas : quand je regarde ces gros plans, je ne ressens aucune émotion, je détecte plutôt les problèmes de dessin… Mon regard est complètement biaisé : je suis juste attiré par les défauts, et je sors de l’histoire. Dans ce troisième album, je me suis fait violence en réalisant quelques gros plans, mais je les utilise avec parcimonie, car je sais très bien que ça va être très délicat. J’essaie de faire passer les émotions par d’autres moyens : un geste juste, un bon cadrage.

Dans l’épisode précédent, on découvrait que Matthieu Bonhomme a servi de modèle au personnage de Barney Cross… As-tu eu d’autres modèles pour certains personnages ?

Non, Matthieu est le seul dans ce cas. Pour les autres personnages, j’ai un peu cherché les gueules que j’avais esquissées dans mes carnets de croquis. Mais dès que j’ai besoin d’un nouveau personnage, j’essaie de le dessiner rapidement sur ma planche, sans trop d’étude préalable, parce que je connais mes envies et je sais ce que je cherche…

À gauche, Bonhomme dessiné par Oiry. À droite, Oiry dessiné par BonhommeDocumentation pour l'intérieur des containers et crayonnéMaggy Garrisson, tome 3 : Projets de couvertureMaggy Garrisson, tome 3 : Rough de couvertureMaggy Garrisson, tome 3 : extrait du scénario de Trondheim

En savoir plus : Maggy Garrisson, tome 3 : « Je ne voulais pas que ça finisse comme ça » par Trondheim et Oiry. (Parution : 26 août 2016)