Interviews :

Oiry et Trondheim présentent « Maggy Garrisson »

- 14/02/2014

Maggy Garrisson, tome 1
« Maggy Garrison » ? My God, il s’agit de la nouvelle série de Trondheim, dessinée par Stéphane Oiry, dont le premier tome paraîtra le 7 mars prochain. Présentation, en compagnie des auteurs, d’une surprenante détective contemporaine, aussi anglaise que Sherlock Holmes, mais bien plus drôle et futée !

Qui est Maggy Garrison ?

OIRY : Maggy est une jeune Anglaise sans emploi, qui grâce à une copine vient de trouver un job de secrétaire chez un détective privé. Plutôt caustique, elle a décidé de garder, pour une fois, sa langue dans sa poche. Ce qui ne l’empêchera pas de penser bien du mal des gens et des choses qui l’entourent ! Une vision au vitriol de la société que le lecteur découvrira grâce à de nombreuses voix off… Lorsque Lewis et moi avons envisagé de travailler ensemble, je lui avais parlé de la série télé Bored to Death, et de son ton très acide. Il ne l’a visiblement pas oublié !


Maggy est une secrétaire finaude. C’est une tradition, dans le polar.

OIRY : Nestor Burma et Mike Hammer, entre autres, étaient accompagnés de secrétaires très malignes, mais toujours cantonnées au second rôle. Ici, vu que son boss est du genre foireux, c’est Maggy qui mènera les enquêtes ! Elle sera confrontée à des mystères de proximité, comme le vol du canari d’une voisine, ou la disparition de la batte fétiche d’un barman. Autant d’affaires que Lewis utilisera comme des prétextes pour camper des personnages et des ambiances hauts en couleur. À noter que chaque enquête sera présentée, comme dans ce numéro, en un récit complet.

Tu as particulièrement soigné l’environnement londonien de Maggy…

OIRY : J’aime beaucoup Londres, j’y ai vécu presque deux ans. Je voulais montrer un Londres populaire, pas celui des clichés touristiques. Je me suis donc inspiré de Kilburn, le quartier où j’habitais.

Jérôme K. Jérôme est lui aussi un polar de proximité. Pas de crossover prévu entre vous ?
OIRY : Impossible, car Maggy porte en elle une violence absente chez Jérôme. Ces deux-là ne se supporteraient pas !

Lewis, ton but, c’était de proposer une héroïne qu’on pourrait croiser dans la vraie vie ?

TRONDHEIM : Je voulais un type de personnage et d’action réaliste. Pas de caricature. Pas d’action spectaculaire. Rien que des enchaînements logiques avec des gens du quotidien.

Dans la tradition du polar réaliste ?

TRONDHEIM : Pas vraiment. J’aurais aimé m’approcher du travail du réalisateur anglais Mike Leigh, où il y a du social, de l’humour et beaucoup d’humain. Si j’y ai ajouté un aspect un peu policier, c’est parce que Stéphane voulait s’inspirer de la série télé Bored to Death.

OIRY : On s’en est pas mal éloignés, mais ce polar burlesque, avec des enquêtes ancrées dans le quotidien, a été notre point de départ, oui. Pour ce qui est de cette histoire d’inversion de planches, moi je ne vous en veux pas trop, car je suis dans l’excitation de la fin de l’album ! Ce qui me fait marrer, c’est que la Rédak m’oblige toujours à numéroter mes planches… pour éviter de les mélanger !

Maintenant que l’album est terminé, vous filez en vacances ?
OIRY : Lewis et moi allons nous offrir un week-end à Brighton au bord de la plage ! Un endroit que je connais moins bien que Londres, où j’ai vécu. Nous avons été intrigués par l’endroit en y suivant Maggy…

En savoir plus : « Maggy Garrisson », tome 1 « Fais un sourire, Maggy » par Oiry et Trondheim
(Parution 7 mars 2014)

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