Interviews :

Les Tuniques bleues dans le Colorado

- 13/08/2013

Les Tuniques Bleues, tome 57
Avec Les Tuniques bleues, Raoul Cauvin montre l’étendue de son imagination. Alors que l’épisode précédent, « Dent pour dent » s’affirmait comme une pure comédie, ce nouvel épisode, inspiré d’éléments historiques, marque un retour à l’Aventure avec un grand A.

Raoul te fait toujours la surprise de t’envoyer son scénario terminé. Quelle a été ton impression à la lecture de celui-ci ?
Willy Lambil : Ah, je dois avouer que cette histoire m’a bien plu ! Évidemment, je ne connais pas encore le verdict des lecteurs ; moi, j’ai le nez sur le guidon. En travaillant pendant un an à dessiner les 44 planches, je suis incapable à ce stade d’avoir une vision d’ensemble. Mais ce que j’ai aimé dans cet épisode, c’est qu’il se déroule dans le Colorado, et qu’il m’a permis de jouer surtout sur les paysages. J’ai pu dessiner des décors de montagnes, insérer des animaux (c’est mon péché mignon)…


L’Ouest américain continue à t’inspirer ?
Willy Lambil : C’est bien simple, la seule fois où je me suis rendu aux États-Unis, il y a trois, quatre ans, c’était pour visiter l’Ouest : le Colorado, le Grand Canyon, l’Utah… Sur le plan de la nature, ça m’a semblé un pays merveilleux ! J’adore toute cette partie des USA. Malheureusement, quand on traite de la guerre de Sécession, c’est surtout dans l’Est que se déroule l’essentiel des intrigues… Mais là, dans ce nouvel album, on change d’atmosphère et ça me plaît bien.

Avant de t’envoyer son scénario, Raoul te met un peu au parfum ?
Willy Lambil : Non, il ne me dit rien du tout ! Quel salopard ! Non, je rigole… Cauvin est un grand professionnel. Il me livre son scénario clé sur porte. Parfois, je lui téléphone pour discuter de l’un ou l’autre détail : par exemple, un type qui, dans une case, a une arme puis l’arme disparaît comme par enchantement dans la case suivante… Il faudrait une scripte qui, comme au cinéma, veillerait à rectifier ce genre de détails !

Dans ce scénario, tu dois dessiner des paysages, mais aussi la ville de Denver. Comment trouves-tu la documentation dont tu as besoin ?
Willy Lambil : Je trouve généralement ce qu’il me faut dans des bouquins. Ici, j’avais des images de Denver au XIXe siècle… De toutes façons, soyons clairs : à cette époque-là, tous les patelins de l’Amérique profonde étaient à peu près tous identiques, avec les mêmes maisons en bois. Architecturalement parlant, l’Amérique c’est un pays sans histoire ; rien à voir avec notre vieille Europe. Mes sources iconographiques sont diverses : des vieilles gravures de l’époque mais aussi des illustrations en couleur, plus récentes. Après soixante ans de carrière, j’ose dire que j’ai quand même acquis un savoir-faire qui permet de construire des décors crédibles ! Néanmoins, il m’arrive encore d’avoir des insomnies quand je suis préoccupé par l’une ou l’autre séquence qui me donne du fil à retordre…

Tu évoques la longévité de ta carrière, évoquons celle des Tuniques bleues : comment expliques-tu que ça fonctionne toujours ?
Willy Lambil : Ah ça, ça reste une bonne question ! Je crois que j’ai la chance de dessiner une série intemporelle, d’une certaine façon : ça se déroule au XIXe siècle et ça ne se démode pas. Autre facteur que certains lecteurs ont relevé : il n’y a jamais ni grossièreté ni mauvais goût dans Les Tuniques bleues. Sur ce point, Cauvin et moi sommes parfaitement sur la même longueur d’ondes : nous ne voulons pas tomber dans la pruderie, mais nous insistons pour que tout reste dans des limites convenables. Je viens d’une époque où la vulgarité dans le langage était bannie. Et j’ai été éduqué chez Dupuis, maison catholique ! À mes débuts, je rabotais les nichons qui dépassaient dans certaines planches… Un boulot pareil, ça laisse des traces, ah ah ah !

Les Tuniques bleues, tome 57 : « Colorado Story », à paraître le 4 octobre 2013.

COMMENTAIRES

  1. ça tourne en rond les Tuniques Bleues…

  2. Merci à Messieurs Lambil et Cauvin pour cette nouvelle histoire des Tuniques bleues 😉

  3. Bravo pour ce nouvel épisode, je l’adore!

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