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La jeunesse de Monsieur Choc, clap deuxième !

- 12/02/2016

CHOC, tome 2 (Parution : 8 avril 2016.)

Auréolé du prix du meilleur one-shot au Festival Polar 2014 de Cognac, du prix Saint-Michel du meilleur scénario, du prix des lycéens Angoulême 2015, ainsi que du prix du meilleur album étranger Stripschappenning, le premier tome des « Fantômes de Knightgrave » n’est pas passé inaperçu ! Aujourd’hui, le scénariste Stephan Colman et le dessinateur Éric Maltaite livrent le deuxième volet de cet ambitieux triptyque.

Comment avez-vous vécu l’accueil de votre projet, si atypique, de raconter la genèse de Monsieur Choc ?

Colman : Dans un premier temps, je ne m’attendais à rien de précis, parce que j’étais en terrain inconnu. Quand j’ai lu les réactions et les papiers critiques, sur le Net et dans la presse écrite, je me suis rendu compte que cet album était reçu au-delà de mes espérances ! Cet accueil a produit un effet double, d’abord très enthousiasmant, ensuite un peu paralysant : ça m’a collé une pression que je n’avais pas ressentie en écrivant le premier album !

Maltaite : Les réactions qui m’ont le plus frappé, c’est « Waw ! Quelle densité ! Il y a beaucoup à lire ! » Certains lecteurs ont d’abord été décontenancés par la construction complexe en flashbacks de Stephan, mais ensuite étaient assez happés par cette complexité… Ils étaient à la fois surpris et charmés.

Et comment apprécient-ils le fait que votre récit s’inscrit dans une veine bien plus réaliste que l’univers de Tif et Tondu dont Choc est issu ?

Mailtaite : En général, cette option est bien passée… La seule interrogation récurrente que j’ai constatée, c’est : « Pourquoi votre approche est-elle plus violente que celle de Tif et Tondu ? » Ma réponse était simple : « C’est plus violent parce que c’est plus réaliste, c’est tout ! »

Colman : J’ai bien entendu cette interrogation, mais cela ne m’a pas surpris parce que je savais que l’option que nous prenions nous mettait en déséquilibre par rapport au Choc « historique ». Cette option n’était sans doute pas évidente, mais moi, je la sentais comme ça, et j’en ai beaucoup discuté à l’époque avec Maurice Rosy et Claude Maltaite, la veuve de Will, et avec Éric bien entendu ; je leur disais : » À partir du moment où Choc est un criminel d’envergure mondiale, je veux le développer avec cet aspect violent et réaliste ! » Mais je savais que c’était un choix risqué, parce que je pouvais désarçonner une frange des lecteurs fidèles de Tif et Tondu. En revanche, apporter du sang neuf à Choc : ce jeu me semblait en valoir la chandelle !

CHOC, tome 2 : scénario pour la 2e plancheCHOC, tome 2 : la 2e planche finaliséeCHOC, tome 2 : étude à l'aquarelle pour la sorcière de MacaoCHOC, tome 2 : demi-page qui ne sera pas reprise dans l'album.CHOC, tome 2 : dessin de couverture du Journal de Spirou n°4055

Ce deuxième épisode démarre sous le soleil de Rio… C’était important de créer une rupture de ton après les brumes anglaises du tome 1 ?

Colman : Oui ! Je voulais vraiment montrer par là que Choc est international. Après l’Angleterre et la France, où se déroule le premier tome, je voulais démarrer ce deuxième volet par une séquence dans un pays bien plus lointain pour, dès le départ, faire comprendre au lecteur que Choc est partout ! Après avoir ouvert cette saga par une scène avec le manoir de Knightgrave sous la neige, j’avais envie de prendre le contrepied et commencer sous le soleil, dans une ambiance de carnaval pour créer une vraie rupture avec l’album précédent.

Éric, ce changement de décor signifie récolter une nouvelle tonne de documentation…

Maltaite : C’est vrai mais il faut bien avouer que dans ce domaine, Internet est un outil merveilleux ! Il y a une quinzaine d’années, ce type de recherches signifiait des pèlerinages sans fin dans des bouquineries, tandis qu’aujourd’hui, cela va assez vite. Le seul aspect un tantinet déstabilisant dans ce changement de décor se situait plus au niveau graphique : on passe des moments très noirs du premier épisode à ces séquences pleines de couleurs et de lumière. Cela m’a demandé un temps d’adaptation, car j’avais d’abord tendance à remettre des noirs partout, et j’ai dû revoir mon encrage. Ce qui est certain, c’est que je n’avais jamais consacré autant de temps à la précision des décors avant Choc… Car je n’avais jamais travaillé sur un scénario aussi pointilleux en ce qui concerne les dates et les lieux où se déroule la – ou les – intrigues !

Gangsters des années 20, source d'inspiration de Mataite
Il y a une multiplicité de décors, mais aussi de personnages secondaires ! Et les silhouettes des années 1950 doivent être différentes de celles des années 1920…

Maltaite : Oui, mais je fais des recherches assez globales, je vais chercher des « tronches » tous azimuts ! J’ai par exemple toutes les archives de la police criminelle australienne dans les années 1930 dans mon ordinateur, j’ai la même chose avec des prostituées… J’ai une galerie de « gueules »qui me sert beaucoup ! Et si je sais que je dois dessiner un personnage qui a un « petit rôle », je trouve assez vite sa dégaine en faisant quelques croquis sur le bord de ma planche, ou plutôt de mon écran, puisque je travaille sur palette graphique.

 

En savoir plus : Choc, tome 2, « Les fantômes de Knightgrave » (deuxième partie) par Maltaite et Colman.
Parution : 8 avril 2016.

COMMENTAIRES

  1. attendre encore jusqu’au 8 Avril !!!!!
    en aurai je la patience tant le premier tome m’a  » emballé »???
    on y voit un autre visage de Choc qui le rend, et oui !, sympathique et tellement humain !!!
    la lecture de cet album m’a passionné je l’ai renouvelée plusieurs fois toujours avec un plaisir immense
    Merci donc, du fond du cœur, aux auteurs et à vous mêmes qui avaient le privilège de publier cette petite merveille et … sans doute … de la connaître avant moi !!! ( GGGRRR !!!)
    Serge BIZI

    bédéphile passionné je possède prés de 1500 volumes qui sont mes petits trésors personnels parmi mes plus grands plaisirs : celui d’une tasse de thé devant une cheminée avec un bon feu de bois devant laquelle je  »déguste » mes lectures

  2. cf ci dessus ! merci encore !!

  3. Petit détaille culturel, « paneleiro » est un insulte portugais que n’est pas du tout utilisé au Brésil.

  4. Merci beaucoup Pedro. Malheureusement, l’album est déjà imprimé, mais nous en prenons bonne note pour une prochaine réimpression.

  5. T1 et T2 absolument passionnants. Je les relis régulièrement avec le même plaisir.
    Avez-vous une date prévisionnelle pour la sortie du T3 ?
    Merci par avance,
    Patrick

  6. Pas avant 2018 malheureusement, Patrick…

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