Interviews :

Kid Toussaint nous parle de Magic 7, tome 2

- 30/06/2016

agic 7, tome 2

 

Léo, Lupe, Farah et les autres seront de retour dès le 26 août dans « Contre tous ! » le deuxième album de Magic 7. Les adolescents dotés de pouvoirs intrigants vont devoir y affronter une nouvelle menace… Explications avec le créateur de la série, Kid Toussaint.

 

Dès le début de ce deuxième épisode, tu installes une atmosphère plus répressive. Sans apporter d’explications.

Oui, la situation se complique entre les adolescents et les adultes. La directrice du collège, jusqu’ici plutôt cool, se montre plus sévère et plus stricte sur les uniformes. Quant aux parents, ils interdisent pas mal de choses à leurs enfants. Ce changement d’attitude sera expliqué à la fin de l’épisode. C’est une surprise pour les enfants eux-mêmes : ils vont s’interroger sur ce « serrage de vis », et c’est ce qui va faire évoluer l’intrigue.

Dans le bureau de la directrice, Farah se souvient de la première apparition de son pouvoir. On sait que chaque adolescent de la bande a des talents particuliers ; est-ce difficile pour toi de les montrer sans ralentir le récit ? Découvrir cet extrait >>

Ce n’est pas évident : pour l’instant, ils sont cinq ; ils seront bientôt sept, ils ont tous des pouvoirs assez particuliers qui impliquent pas mal de conséquences. Mais gérer cet aspect de l’intrigue, c’est le jeu, c’est aussi le défi de Magic Seven. Léo parle à de nombreux fantômes : je ne peux pas faire intervenir tout le monde tout le temps ; Hamelin et ses animaux, c’est pareil, et Farah a une voix dans la tête… Donc c’est vrai, ça signifie beaucoup de pistes à gérer. Mais c’est ce qui est intéressant, voir les adolescents confrontés au monde réel et obligés en même temps de gérer leurs pouvoirs qui se révèlent être, par moments, plus des tares que des dons.

Le décor mêle références américaines et européennes… Est-ce que c’est difficile de bâtir une intrigue crédible en choisissant de ne pas situer ta ville ?

Ah ! C’est vrai que ce n’est pas évident. Cela étant, ma génération et les suivantes sont gavées de séries américaines, toutes leurs références sont entrées dans notre quotidien. Au niveau du décor, il y a des éléments qui fonctionnent de manière universelle. Par exemple, si on dessine un bus jaune, tout le monde comprend que c’est un bus scolaire. Alors que si je situais l’action en France ou en Belgique, je devrais indiquer un bus différent selon la région ou la ville, ça ne fonctionnerait pas de la même manière.

On retrouve Lupe et ses robots. Là encore, une influence du cinéma américain ?

Pas spécialement, j’ai les mêmes références que tous les spectateurs qui ont biberonné à la science-fiction depuis les années 1950. En fait, cette série a deux aspects : d’abord, les portraits des adolescents confrontés à leurs pouvoirs, ensuite, de l’action et du divertissement. Les robots sont un ingrédient facile à utiliser ; ce ne sont pas des êtres vivants, on peut les détruire sans état d’âme… C’est un peu un défouloir, le robot !

Magic 7 : décors et personnages sont réalisés séparément par Rosa et Giuseppe.Magic 7 : Fresque réalisée par Denis Bodart pour la préface de l'albumMagic 7 : layout de la page 5Magic 7 : Léo est ses fantômesRecherches de couverture avec l'aide de Denis Bodart et Geoffo

On sent que tu connais tes personnages en profondeur. Tu as écrit une brève biographie de chacun avant de te lancer dans l’intrigue proprement dite ?

Oui, j’ai fait ça en amont, mais il y a des éléments qui ont bougé car dès que tu te mets à rédiger les dialogues, les personnages commencent à vivre d’eux-mêmes. C’est le côté un peu magique de mon métier, quand tout à coup les personnages t’échappent et commencent à exister presque malgré toi. Mais pour chaque ado, j’ai bien défini au préalable le milieu social, le profil des parents, les frères et soeurs éventuels, etc. Zoran, à l’origine, devait être beaucoup plus taiseux, finalement il ne l’est pas tant que ça !

Tu mélanges allègrement les genres (l’humour et le drame), mais ce mélange est tangible aussi au niveau du dessin : les animaux semblent sortis de « Rox et Rouky » de Disney…

Tout à fait ! Les dessinateurs, Rosa et Giuseppe, proviennent de l’école Disney, ils ne peuvent pas le cacher. Moi, ça ne me dérange pas en ce qui concerne les animaux puisque ce sont des animaux qui parlent, ce dessin expressif me convient bien. Alors que le graphisme des personnages tire plus vers le manga, mais ce mélange de genres est tout à fait dans l’air du temps.

Magic 7, Tome 2, « Contre tous ! » par Rosa La Barbera, Giuseppe Quattrocchi et Kid Toussaint
(Parution : 26 août 2016)

COMMENTAIRES

  1. Merci pour cette interview, très intéressant. :)

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