Interviews :

Gazzotti évoque son travail sur le tome 10 de SEULS

- 2/11/2016

Seuls, tome 10
Terry et le Maître des Couteaux sont dans un salon du Jouet déserté, Dodji aux mains du Maître-Fou, Yvan retrouve les Marais salants de son enfance… Dans ce nouvel épisode de la série SEULS, tous les protagonistes sont éparpillés, livrés à eux-mêmes. Avec de nouveaux défis pour le dessinateur Bruno Gazzotti.

Les scènes de bravoure se succèdent, avec le duel entre Toussaint et Saul… Dans son scénario, comment Fabien te décrit-il une scène comme celle-là ?

Il me dit : « Saul s’énerve et le vent se lève… Débrouille-toi pour essayer de rendre ça », ah ah ah ! Alors j’ai pensé à « Akira », qui reste pour moi une des meilleures BD avec des effets de vent et d’explosions. Je n’ai pas revu les planches, mais j’ai essayé de me souvenir des impressions que je ressentais quand je l’ai lu il y a une quinzaine d’années. J’ai essayé de retrouver l’énergie que je ressentais dans Akira.

Ce genre de scène montre bien combien la connivence entre un scénariste et un dessinateur est essentielle pour la réussite d’une série : tu dois concrétiser ses fantasmes, en quelque sorte.

Oui, quand je lis son scénario, je comprends bien ce qu’il veut dire, et j’ai plein d’images dans la tête qui surgissent dès la première lecture. Mais quand je suis au travail page après page, je me retrouve alors frontalement dans la problématique « Comment vais-je faire ? » C’est bien beau d’avoir des images dans la tête, mais les mettre en scène sur un support en deux dimensions, c’est une autre paire de manches ! Dans ce cas-ci, la réalisation de l’idée la modifie complètement, parce que j’ai aussi une foule à dessiner. Je réfléchis à la manière de masquer progressivement cette foule à cause de la bourrasque. Et voilà comment, case par case, l’idée prend forme en tenant compte de plein de contraintes techniques pour rester lisible. Mais la scène une fois réalisée n’a plus rien à voir à l’image mentale que j’avais au départ, et certainement rien à voir non plus avec ce qu’imaginait Fabien ! L’élément essentiel d’une collaboration comme celle-là, c’est la confiance que le scénariste place dans son dessinateur.

Fabien prend soin d’alterner les scènes spectaculaires et des scènes plus calmes, très dialoguées… C’est un peu ennuyeux à dessiner, ces scènes explicatives ?

En même temps, ça permet de souffler un peu : quand il y a beaucoup de texte à placer dans des grosses bulles, ça signifie la moitié en moins à dessiner ! Je t’avoue que quand je suis pressé par le temps, je réfléchis comme ça… Quand tu es à la bourre, tu te dis : « Vivement que j’arrive à cette planche-là avec plein de blabla », parce qu’il y a, par contre, des planches d’action avec très peu de texte qui me demandent un boulot fou ! Dans ces cas-là, pour que ça fonctionne pour le lecteur, tout repose sur le dessin… Et tu te dis : « Aïe, cette planche-là, ça va être une grosse journée ! » Alors qu’avec une scène avec des grosses bulles, tu termines ta journée deux ou trois heures plus tôt et tu te regardes un bon petit film pour te récompenser, ah ah ! C’est comme ça que ça fonctionne, mon quotidien de dessinateur de BD…

SEULS, tome 10 : dessin de couverture pour le Journal SpirouSEULS, tome 10 : crayonnéSEULS, tome 10 : Gazzotti s'est souvenu d'Akira pour cette scèneSEULS, tome 10 : crayonné et inspiration...SEULS, tome 10 : crayonné et encrage

En savoir plus : Seuls, tome 10, « La machine à démourir » par Gazzotti et Vehlmann (parution : 18 novembre 206)

COMMENTAIRES

  1. Vraiment intéressante comme interview, j’espère un numéro spécial pour la sortie du film comme vous l’avez fait pour Tamara :) Merci à vous et vivement le prochain tome et le film.

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