Interviews :

Bruno Dequier, auteur de LOUCA

- 25/01/2013

« Dans l’animation, je suis comédien ; dans la BD, je suis auteur ! »

Louca, adolescent partagé entre son désir de briller au foot et de réussir ses examens, s’agite beaucoup ! C’est normal : son créateur, Bruno Dequier, est un as du cinéma d’animation.

Le dessin animé et la bande dessinée, malgré les apparences, sont des “faux amis” : ce sont des langages très différents…

DEQUIER: C’est vrai, ce n’est pas du tout la même chose. Je m’en rends compte lorsque je veux faire passer certaines idées en bande dessinée et que je n’y arrive pas : le rythme de narration est différent. Tout est différent! Et je vois bien que dans le découpage de ce premier album de Louca, il y a une évolution: tout le début est assez proche du cinéma d’animation, ce qui est moins le cas de la deuxième partie. Au fur et à mesure, j’ai réussi à densifier le récit, à jouer un peu plus avec les ellipses. Mais c’est une nouvelle gymnastique pour moi, la BD! En ce qui concerne les expressions des personnages, j’ai l’habitude de faire passer les émotions par le mouvement, alors qu’ici, une seule case doit synthétiser une attitude. Parfois, cette absence de mouvement est source de frustration pour moi, et en même temps, c’est très excitant, cela m’oblige à repenser complètement ma technique de dessin.
Tu parles de frustration : est-ce que l’absence de mouvement et de son dans la bande dessinée est un problème pour toi ?

DEQUIER: Pas du tout, parce que je n’explore pas les mêmes envies dans les deux disciplines. En animation, je laisse parler mon côté comédien alors qu’en bande dessinée, j’exprime mon côté auteur: sans devoir me préoccuper de problèmes de budget, j’arrive à créer l’univers que je désire. Si j’ai envie de me payer une grande scène aussi spectaculaire que dans Le Seigneur des anneaux, cela réclame juste du temps et de la patience, mais je peux y arriver tout seul. Tandis que dans le cinéma d’animation, c’est impossible : cela requiert des millions de dollars pour arriver à produire des scènes comme celleslà. Pour moi, la bande dessinée, c’est une autre magie et c’est un moyen de narration plus personnel. Quand je bosse sur un long métrage, ce n’est pas mon histoire que je raconte, je me mets au service de l’univers du réalisateur. Tout comme un acteur :
j’aime bien cette image, parce que c’est vraiment ça. Quand je réalise ma bande dessinée, je deviens metteur en scène : je peux tout superviser moi-même.
Y compris les dialogues. C’est difficile, ça, quand on débute en BD, non ?

DEQUIER: Ah oui, tu as raison, écrire de bons dialogues, c’est très difficile ! Mais si je me lance dans la bande dessinée, c’est pour être l’auteur complet de mes propres histoires et raconter ce que j’ai envie de raconter. Si c’est pour dessiner le récit d’un autre, ça, je le fais déjà dans l’animation, et je suis très heureux de le faire. Mais la bande dessinée est là pour m’apporter un autre genre de plaisir.

Benoit Feroumont, le créateur du Royaume, est animateur comme toi et aime passer du travail collectif du cinéma au labeur solitaire de la BD. Tu partages son sentiment ?

DEQUIER: Ah oui, complètement ! Je ne pourrais pas me consacrer exclusivement à la bande dessinée en solo, j’ai besoin du contact humain dans un studio de dessin animé. En définitive, c’est ce contact qui nourrit mon expérience de vie et qui me donne envie
de raconter des histoires. J’aime bien l’isolement de ma table à dessin, mais ça ne dure qu’un temps : très vite, j’ai envie de vivre des trucs en équipe, j’aime côtoyer d’autres artistes, c’est tellement plus enrichissant. Donc alterner les deux modes de création,
pour moi, c’est parfait !

Sur le plan pratique, peux-tu organiser cette alternance ? Comment continuer Louca si tu reçois une très belle proposition du côté du cinéma ?

DEQUIER: Je vis cette difficulté à l’heure actuelle : en ce moment, je travaille jour et nuit ! Je bosse dans les studios Universal huit à neuf heures par jour du lundi au vendredi, et le soir et le week-end, je travaille sur ma BD. Et je vis ce rythme depuis cinq mois, à peu près… C’est donc très, très soutenu. Si Louca fonctionne et
rencontre un grand succès auprès du public, je devrai sans doute opérer des choix. Mais pour le moment, je tiens la cadence et je n’ai pas envie de mettre tous mes oeufs dans le même panier. Car je ne me voile pas la face ; je sais que c’est très dur de percer en BD, je préfère donc rester prudent et conserver un pied bien ancré dans le monde de l’animation. Et si la BD marche, peut-être envisagerai-je de bien m’entourer et d’aller travailler dans un atelier ? On verra bien ! Wait and see. H.D.

COMMENTAIRES

  1. bonjour monsieur j’ai 14 ans et je voulais juste vous dire que j’adore cette BD j’en suis même fan je l’ai ai tous lus sauf louca 4 ce qui me tarde d’ailleurs voila je voulais juste m’exprimer et vous dire ce que je ressens pour cette BD je veux juste vous dire de continuer cette BDje vous encourage et vous souhaite bon chance pour la suite de cette BD et merci encore.

  2. Bonjour, je suis une de vos fidèle admiratrice. je voudrais vous demander de finir le tome 5, au plus vite, s’il vous plaît, parce que je suis très très très pressée et vraiment très curieuse de savoir la suite des aventures de Louca.

    Est-ce que Julie va tomber amoureuse de lui et qui, entre Julie et Chloé, les 2 meilleures amies, va gagner le coeur de Louca ?
    Merci, j’ai adoré toutes les BD de Louca déjà sorties et je suis que la 5ème sera encore meilleure… Alors, à très, très bientôt.

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