Interviews :

Portrait d’Olivier Mégaton (« Ni Terre ni Mer »)

- 28/06/2017

Pour son premier scénario de bande dessinée, « Ni Terre Ni Mer », dont le tome 1 paraît le 7 juillet 2017, le réalisateur international Olivier Mégaton (« Colombiana », « Taken » 2 et 3, « Le Transporteur » 3,…) s’est attaqué avec maestria au thriller de genre, nous offrant ainsi, en collaboration avec Nicola Genzianella et Sylvain Ricard, cet angoissant huis clos où le fracas des vagues fait écho aux cris des personnages. Manipulations, mensonges et obsessions s’y mêlent en un terrible vertige. Saurez-vous en réchapper à temps ?

« Ni Terre Ni Mer », Tome 1 disponible le 7 juillet 2017

Interviews :

Hermann, un reportage de Kaboom!

- 14/06/2017

Sa rencontre avec Greg, les origines de Jeremiah (dont le nouvel album, le tome 35, « Kurdy Malloy et Mama Olga », paraîtra en septembre prochain), sa collaboration avec son fils, Yves H., son récent « Grand Prix » reçu à Angoulême… Hermann s’est confié à l’équipe de Kaboom! qui a réalisé ce portrait de l’auteur.

Interviews :

« Bushido », un nouveau « Karaté Kid » ?

- 29/05/2017

Bushido, Tome 1« Bushido », est une nouvelle série d’aventures humoristique qui nous fait découvrir la mythologie japonaise, son système de castes, son code de valeurs, ses créatures fantastiques, et Yuki, un héros mal parti dans la vie mais dont le courage et l’optimisme vont vaincre tous les obstacles. Rencontre avec le scénariste, Thierry Gloris.

Question toute simple, quand on démarre une nouvelle série : quel en a été le déclic ? Pourquoi le Japon ?

« Bushido » est né avant tout de ma rencontre avec le dessinateur Gorobei*, (auteur d’« Atma » et de « Dofus Monster-Moon », entre autres). On s’est vus lors d’un festival de BD, le courant est passé entre nous. Je me suis dit immédiatement : « Il faut que je travaille avec ce garçon ; on s’entend bien, on a le même genre d’humour un peu bête ! » C’est parti de là. En ce qui concerne le Japon, c’est un pays qui m’a toujours attiré, mais je reconnais que mon approche de cette culture s’est d’abord faite via le manga, à la fois dans les dessins animés télévisés et les bandes dessinées. Je ne pourrais pas prétendre que le Japon est une passion première.

* Gorobei, c’est le nom d’un des sept samouraïs du film de Akira Kurosawa, devenu un classique. Manu Martin adorait ce personnage. Le dessinateur a d’abord choisi ce nom quand il intervenait dans les forums BD ; il a ensuite décidé de l’adopter comme pseudonyme.

Bushido, Tome 1 : extrait

Mais « Bushido » semble quand même assez documenté.

Oui, cette série a nécessité un gros boulot de documentation, mais j’avais déjà fait un album sur le Japon (« Tokyo Home », chez Kana) qui m’avait donné de solides bases, même si ce que j’écris reste toujours accessible au grand public ; je suis loin d’être un spécialiste du Japon, même si je connais un peu le pays car ma soeur y vit depuis déjà quelques années.
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Interviews :

La face cachée de Zorglub

- 24/05/2017

Zorglub, tome 1

Créé en 1959 par Franquin et Greg dans ce qui deviendra le quinzième album de Spirou et Fantasio (« Z comme Zorglub»), Zorglub (en dépit de Charles Dupuis, peu amateur du personnage) deviendra rapidement un des protagonistes les plus marquants de la série. Aujourd’hui, Munuera livre sa version du savant mégalomane.

On évoquait Franquin. Dans ses albums, Zorglub est un personnage ambigu : ami ou ennemi de Spirou ? Inventeur génial ou pauvre despote ? Le vois-tu comme un vrai méchant ?

Oui, ambigu et complexe. Mais s’il est méchant, il l’est plus par vanité que par une nature vraiment méchante. Pour moi, c’est un des personnages de la série les plus riches et les plus vrais, en fin de compte. Même si, au départ, il incarne un archétype, celui du savant mégalomane, celui du méchant des années cinquante, des James Bond des débuts, ce côté-là est contrebalancé par son profil de gaffeur impénitent, de crétin pitoyable qui essaie d’attirer l’attention du monde entier par ses inventions qui se révèlent de plus en plus ridicules ! À cause de, ou grâce à ces contradictions, c’est un personnage qui détient un charme et un potentiel dramatique formidables ! Et il quitte rapidement les clichés des séries B des fifties pour devenir un personnage moderne, riche de plusieurs facettes très différentes. J’avais plusieurs options possibles pour l’exploiter. J’aurais pu explorer une veine parodique en faisant une caricature de « méchant de cinéma », mais j’ai préféré adopter une vision plus réaliste de Zorglub. Avec la question : comment ce personnage un peu triste, qui redouble d’efforts pour obtenir l’aval de ses collègues du monde scientifique, essaie-t-il d’étancher sa soif de reconnaissance ? Ça, ça m’intéressait.

Avec beaucoup d’humour, tu démarres cette aventure en critiquant les suites, les remakes et les spin-off, phénomène de notre époque… Or cette « Fille du Z » est clairement un spin-off de Spirou et Fantasio.

Oui, c’est un clin d’oeil en forme de mise en abyme, si tu veux ! Et ce phénomène dépasse bien sûr le domaine de la bande dessinée ; on le retrouve au cinéma et dans toute l’industrie culturelle. Toutes les disciplines sont touchées par cette mode du revival permanent des succès du passé, soit réinterprétés soit simplement recopiés pour de nouveaux consommateurs. Nous vivons une époque assez frileuse, qui a peur de la nouveauté. On peut considérer que c’est dommage, mais il est un fait que le revival est devenu un genre en soi, une nouveauté ! C’est une démarche intéressante de se pencher sur notre bagage culturel, d’examiner des codes anciens et de les réinventer.

Est-ce toi qui as eu envie de ce spin-off avec Zorglub ou est-ce une proposition de l’éditeur ?

C’est moi ! Alors que pour la reprise de Spirou avec Morvan, la proposition m’était tombée dessus alors que je ne m’y attendais pas du tout, ici au contraire, c’est moi qui ai proposé à Laurence Van Tricht, mon éditrice chez Dupuis, de me lancer dans cette interprétation du personnage. Réaliser quatre albums de Spirou et Fantasio m’a appris à travailler le registre de l’aventure humoristique, qui est un genre propre à la bande dessinée classique. Et je voulais revenir à cette source-là. Par ailleurs, j’avais envie d’exploiter la question « Comment lâcher la bride face aux personnes que l’on aime et les laisser vivre leur vie ? » Lorsque Zorglub est intervenu dans ma réflexion, tout est devenu limpide : comme un domino qui tombe et qui entraîne les autres, toute mon histoire se déroulait avec une fluidité étonnante dans mon esprit.

ZorglubZorglub, tome 1 : roughsZorglub, tome 1 : roughsZorglub, tome 1 : la résidence de ZorglubZorglub, tome 1 : projet de couverture pour le Journal Spirou

Détail amusant, pour la première séquence (le pré-générique, en quelque sorte), tu as choisi de dessiner le centre historique de Bruxelles. Pourquoi ? Parce que c’est la ville natale de Franquin ?

J’avais besoin d’un décor urbain réaliste pour débuter cette histoire, alors pourquoi ne pas choisir une ville reconnaissable par les lecteurs ? Gamin, avec mes parents, j’adorais visiter des villes que j’avais découvertes dans des films ou des BD. Mais attention, cette localisation précise ne doit pas pour autant gêner la lecture pour un public non bruxellois… Les Bruxellois reconnaîtront évidemment la Bourse, la Grand-Place, et l’Atomium en ombres chinoises. Bruxelles, pour moi, c’est la ville de la bande dessinée par excellence ! Bruxelles, c’est carrément un parc à thème pour bédéphiles : entre les librairies de BD qui pullulent, les fresques murales dans le centre-ville, ils ont l’embarras du choix… La BD est partout à Bruxelles et je voulais que Bruxelles soit aussi dans ma BD.

En savoir plus : « La fille du Z », Zorglub, tome 1 par Munuera (parution : 2 juin 2017)

Interviews :

Roger Leloup nous parle du nouvel album de Yoko Tsuno

- 10/05/2017

Yoko Tsuno, tome 28
Dans « Le Temple des Immortels », la 28ème histoire de Yoko Tsuno, Roger Leloup nous entraîne au plus profond des entrailles de la Terre. On va y retrouver Zarkâ, l’inquiétante Vinéenne androïde, et de nouveaux personnages oubliés du temps. L’auteur nous révèle les dessous de l’histoire…

Vous avez souvent alterné les histoires terriennes et vinéennes. Voici de nouveau les Vinéens.

Quand j’ai créé les Vinéens, je me suis dit que je ne ferais qu’une seule histoire avec ces personnages. Mais Dupuis m’a suggéré de continuer. J’aime autant la science-fiction que le fantastique ou le polar, c’est pourquoi j’ai continué à alterner les genres. Ça me permet de renouveler l’imagination. Cette histoire est la suite de « La Servante de Lucifer ».

Ce qui nous conduit à nouveau sous la Terre.

Oui, il y a des milliers de Vinéens qui dorment sous terre. Ils sont sous nos pieds, il y a de quoi développer tout un univers. Khâny a la responsabilité de les faire vivre là, elle veut pour eux un bonheur un peu utopique, ce qui pose des problèmes. Il y a des antagonismes avec « La Servante de Lucifer »Le Secret de Khâny », la dernière possibilité qu’ont les Vinéens de conquérir la Terre est fichue en l’air par Yoko. Ils n’ont plus beaucoup de choix. Ils sont contraints de vivre sous la Terre. Khâny veut les emmener plus profondément encore, car elle a peur qu’ils soient repérés.

Au début de l’histoire, on retrouve de vieilles connaissances. Il y a Ingrid, il y a Pol et Vic, mais ils disparaissent presque aussitôt.

Oui. Ingrid, c’était pour dire qu’elle existe toujours. Depuis quelques albums, Yoko est installée en Écosse et j’en avais un peu marre de Loch Castle. J’avais envie de commencer de manière différente. Je voulais aussi montrer à nouveau le métier de Yoko : c’est une technicienne, un ingénieur du son qui fait des enregistrements.

Comment construisez-vous vos histoires ?

J’ai un fil conducteur, et l’imagination travaille. Cette histoire-ci est très différente de celle que j’avais imaginée au début. J’ai presque laissé Yoko agir ! Parfois, elle me disait : « Tu m’as mise dans le pétrin ! Maintenant, sors-moi de là ! » Il y a un moment de transition, où elle passe à travers un siphon, et ça l’emmène dans un monde inconnu. Il me fallait un guide, c’est comme ça que j’ai créé le personnage de la petite Iseut. Je me suis attaché à elle, et j’ai finalement tout construit autour de ce personnage.

Yoko Tsuno, tome 28 : croquis du survoleurYoko Tsuno, tome 28 : crayonné du survoleurYoko Tsuno, tome 28 : Iseut, le nouveau personnage de cet épisodeYoko Tsuno, tome 28 : crayonné de la couvertureYoko Tsuno, tome 28 : indications de couleurs de Roger Leloup
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