Interviews :

Dans les coulisses du Journal Spirou

- 21/04/2017

L’équipe de Kaboom! est venue nous rendre visite à Marcinelle et vous dévoile les coulisses du Journal Spirou !

Interviews :

Batem nous parle du 30e album du Marsupilami

- 21/02/2017

À l’origine, « Palombie secrète » était le titre d’un chapitre de la grande encyclopédie consacrée au Marsupilami, parue initialement en 1991. C’est aujourd’hui celui d’une des aventures les plus insolites de la série, où l’on découvre que le Marsu a de nombreux cousins… Batem nous explique tout cela !

 

Marsupilami, tome 30C’est le onzième album du Marsupilami que scénarise pour toi Stéphan Colman. Est-ce que vous discutez du thème de chaque album, ou est-ce qu’il te fait à chaque fois une surprise ?

Ce cas-ci est un peu particulier. « Palombie secrète » est le trentième album, cela fait trente ans que je dessine le Marsupilami, je voulais vraiment marquer le coup. J’ai dit à Stéphan : « Il faut vraiment surprendre les lecteurs ! » Or, nous avions déjà eu de vagues conversations, il y a longtemps, sur l’éventualité d’autres marsupilamis dans la jungle, qui seraient différents… Ce ne seraient pas des frères, mais des cousins. Cette idée est revenue sur le tapis, et j’ai dit : « C’est ça qu’il me faut ! » À telle enseigne que quand Stéphan a commencé à écrire le scénario de cet album-ci, il est d’abord parti dans une autre direction. C’est moi qui ai insisté pour qu’on revienne sur l’idée de ces cousins marsus au coeur de l’album.

On croise assez vite un très vieux Marsupilami, le Babahabou… Tu as fait beaucoup de recherches graphiques pour le trouver ?

J’avais déjà dessiné un vieux Marsupilami dans l’album « Baby Prinz », avec une grosse moustache (un peu à la manière du Grand Schtroumpf), un peu plus poilu et un peu plus courbé… Ici, il fallait vraiment faire autre chose. Et comme Stéphan accompagne son découpage de petits croquis, parmi ceux-ci il y en a un qui m’a plu directement. Je suis parti de ce brouillon pour élaborer le Babahabou. En fait, ma façon de procéder est assez simple. Je ne passe pas beaucoup de temps à faire des croquis préparatoires, je préfère avancer dans mes crayonnés sur la planche même. C’est là que je fais mes recherches, quitte à gommer mes cases et à recommencer. Mais je n’encre jamais tout de suite. C’est à force de dessiner des pages et des pages crayonnées que le nouveau personnage prend forme. Quand j’en suis à peu près content, je reviens en arrière et je corrige les premières planches où il apparaît, et j’encre, enfin. Je travaille de la sorte parce que je sais que si je me mets à ma table à dessin avec un carnet de croquis vierge en me disant : « Maintenant je vais trouver le graphisme du Babahabou », je vais perdre mon temps et tourner en rond… Je vais faire semblant de chercher, en réalité ! Ce n’est qu’en essayant de le dessiner sur mes planches dans les différentes attitudes requises par le scénario qu’il va véritablement prendre forme.
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Interviews :

MAGIC 7 : la magie du nombre 7

- 15/02/2017

Magic 7, tome 3

Du « Clan des Sept » d’Enid Blyton aux « Sept boules de cristal » d’Hergé en passant par « Les Sept samouraïs » d’Akira Kurosawa, le nombre 7 a toujours inspiré les auteurs de fiction.
« C’est un nombre de la Bible, au même titre que 12 ou 40″, note Kid Toussaint, qui s’en est emparé pour sa saga MAGIC 7 dont le tome 3 paraît le 31 mars 2017.

Comment arrives-tu à mener de front le texte et le sous-texte, l’intrigue proprement dite et les différents thèmes que tu as envie de traiter dans MAGIC 7 ?

Cela s’organisa assez naturellement pour moi avec les pouvoirs magiques des sept adolescents. Chacun a un pouvoir qui est lié à sa personnalité ou à ses problèmes. Je privilégie toujours l’action et l’aventure, mais je sais ce que je veux dire derrière cette aventure. Par exemple, Farah, qui a un démon en elle, représente la colère et les émotions à fleur de peau de l’adolescence. Alice, qui voit l’avenir, est un enfant malade ; ce qui signifie que, quelque part, elle n’a pas vraiment envie de voir l’avenir. Et Hamelin, s’il parle aux animaux, c’est parce qu’il est totalement rejeté par l’école de par sa situation sociale. Je gère ces différents thèmes à travers l’action, en les imbriquant dans les pouvoirs magiques, de manière que cela reste discret et que cela ne prenne pas le pas sur l’intrigue proprement dite.

Animer un groupe, c’est très difficile. Jean-Michel Charlier avait fait disparaître un des six Castors pour n’avoir qu’une patrouille de cinq scouts à faire vivre. Tu ne t’arraches pas les cheveux avec sept personnages principaux ?

Ah si ! Non seulement j’ai sept personnages, mais chacun d’entre eux parle avec d’autres protagonistes ! Léo a ses fantômes, Hamelin, ses animaux… Et puis il y a les parents, les amis, etc. Ça fait du monde ; ça grouille beaucoup, mais je connais tellement bien leurs vies que je parviens à disséminer des informations supplémentaires. Dans ces premiers tomes, je suis encore en train d’installer des éléments de l’univers de la série, mais là, je suis sur l’écriture du tome 6, et plus j’avance, plus c’est agréable de faire vivre tout ce petit monde.

Tu te permets un petit clin d’oeil dans ce nouvel épisode de la série : tes héros vont voir le film SEULS au cinéma !

Quand j’ai écrit ce tome 3, j’ignorais que l’adaptation de la BD était en route. Par contre, la référence à la série de Bruno Gazzotti et Fabien Vehlmann était présente dès le début : le premier tome de MAGIC 7 s’intitulait délibérément « Jamais seuls ! » Parce que MAGIC 7 s’inscrit dans cette veine-là, de la BD « Tous Publics », de l’aventure avec un sous-texte. Et pendant la réalisation de ce tome 3, j’ai appris que le film se faisait, donc j’en ai profité pour placer ce clin d’oeil en hommage !

Magic 7, tome 3 : couverture inspirée de RembrandtMagic 7, tome 3 : storyboards en 3 versions (neutre, indications, textes)Magic 7, tome 3 : storyboardsMagic 7, tome 3 : extraitMagic 7, tome 3 : storyboards

En savoir plus : MAGIC 7, tome 3 par La Barbera, Quattrocchi et Kid Toussaint (Parution : 31 mars 2017)

Interviews :

Spirou et Fantasio au Congo, suite et fin de « La femme léopard »

- 26/12/2016

Le Spirou de Schwartz et Yann : Le Maître des hosties noires
Spirou, Fantasio, Spip, et la belle Aniota repartent sur le chemin de l’aventure et des mythiques femmes léopards. Frisson, magie noire, exotisme et évidemment, beaucoup de second degré parsèment ce deuxième épisode signé Schwartz et Yann, bien décidés à nous faire voir du pays ! Direction le Congo belge, en 1947.

YANN : Olivier avait envie d’exotisme après s’être tapé tout un album à Bruxelles et Paris, il avait besoin de grands espaces !

SCHWARTZ : On a voulu jouer avec les représentations de l’Afrique d’après-guerre, histoire de marquer un décalage.

YANN : Avec Spirou, on est dans l’humoristique. Le but est de distraire tout en essayant au détour des cases d’aborder quelques sujets plus importants. Ce qui m’intéressait c’était de parler de tout ce qui tourne autour des fétiches, des sorciers. C’est à la fois effrayant et pittoresque. Pendant qu’Olivier dessinait l’épisode précédent, j’ai eu le temps de beaucoup me documenter, de lire des livres très sérieux sur les rituels des fétichistes.

Olivier, comment avez-vous dessiné le Congo de cette époque ?

SCHWARTZ : Je ne suis pas allé sur place et j’ai peu utilisé de documentation… Comme pour Bruxelles d’ailleurs. Je me suis inspiré de quelques photos, mais pour l’essentiel, ce sont des pays rêvés. La restitution doit beaucoup à l’imaginaire. Même s’il y a un fond de réalisme, Spirou reste une série comique.

Il y a aussi toute une imagerie de l’Afrique coloniale. C’est ce que vous avez voulu rendre ?

SCHWARTZ : Je me suis posé quelques questions. Comment dessiner les Noirs, par exemple ? Comme mes Blancs sont eux-mêmes caricaturaux, je suis resté proche de clichés comme on en trouve dans la bande dessinée franco-belge. Mais on n’est pas non plus dans les grosses lèvres rouges des Noirs dans Tintin au Congo !
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Interviews :

Gazzotti évoque son travail sur le tome 10 de SEULS

- 2/11/2016

Seuls, tome 10
Terry et le Maître des Couteaux sont dans un salon du Jouet déserté, Dodji aux mains du Maître-Fou, Yvan retrouve les Marais salants de son enfance… Dans ce nouvel épisode de la série SEULS, tous les protagonistes sont éparpillés, livrés à eux-mêmes. Avec de nouveaux défis pour le dessinateur Bruno Gazzotti.

Les scènes de bravoure se succèdent, avec le duel entre Toussaint et Saul… Dans son scénario, comment Fabien te décrit-il une scène comme celle-là ?

Il me dit : « Saul s’énerve et le vent se lève… Débrouille-toi pour essayer de rendre ça », ah ah ah ! Alors j’ai pensé à « Akira », qui reste pour moi une des meilleures BD avec des effets de vent et d’explosions. Je n’ai pas revu les planches, mais j’ai essayé de me souvenir des impressions que je ressentais quand je l’ai lu il y a une quinzaine d’années. J’ai essayé de retrouver l’énergie que je ressentais dans Akira.

Ce genre de scène montre bien combien la connivence entre un scénariste et un dessinateur est essentielle pour la réussite d’une série : tu dois concrétiser ses fantasmes, en quelque sorte.

Oui, quand je lis son scénario, je comprends bien ce qu’il veut dire, et j’ai plein d’images dans la tête qui surgissent dès la première lecture. Mais quand je suis au travail page après page, je me retrouve alors frontalement dans la problématique « Comment vais-je faire ? » C’est bien beau d’avoir des images dans la tête, mais les mettre en scène sur un support en deux dimensions, c’est une autre paire de manches ! Dans ce cas-ci, la réalisation de l’idée la modifie complètement, parce que j’ai aussi une foule à dessiner. Je réfléchis à la manière de masquer progressivement cette foule à cause de la bourrasque. Et voilà comment, case par case, l’idée prend forme en tenant compte de plein de contraintes techniques pour rester lisible. Mais la scène une fois réalisée n’a plus rien à voir à l’image mentale que j’avais au départ, et certainement rien à voir non plus avec ce qu’imaginait Fabien ! L’élément essentiel d’une collaboration comme celle-là, c’est la confiance que le scénariste place dans son dessinateur.

Fabien prend soin d’alterner les scènes spectaculaires et des scènes plus calmes, très dialoguées… C’est un peu ennuyeux à dessiner, ces scènes explicatives ?

En même temps, ça permet de souffler un peu : quand il y a beaucoup de texte à placer dans des grosses bulles, ça signifie la moitié en moins à dessiner ! Je t’avoue que quand je suis pressé par le temps, je réfléchis comme ça… Quand tu es à la bourre, tu te dis : « Vivement que j’arrive à cette planche-là avec plein de blabla », parce qu’il y a, par contre, des planches d’action avec très peu de texte qui me demandent un boulot fou ! Dans ces cas-là, pour que ça fonctionne pour le lecteur, tout repose sur le dessin… Et tu te dis : « Aïe, cette planche-là, ça va être une grosse journée ! » Alors qu’avec une scène avec des grosses bulles, tu termines ta journée deux ou trois heures plus tôt et tu te regardes un bon petit film pour te récompenser, ah ah ! C’est comme ça que ça fonctionne, mon quotidien de dessinateur de BD…

SEULS, tome 10 : dessin de couverture pour le Journal SpirouSEULS, tome 10 : crayonnéSEULS, tome 10 : Gazzotti s'est souvenu d'Akira pour cette scèneSEULS, tome 10 : crayonné et inspiration...SEULS, tome 10 : crayonné et encrage

En savoir plus : Seuls, tome 10, « La machine à démourir » par Gazzotti et Vehlmann (parution : 18 novembre 206)