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« Les Esclaves oubliés de Tromelin », histoire et repérage

- 28/01/2014

Les Esclaves oubliés de Tromelin par Sylvain Savoia (À paraître début 2015)« Les Esclaves oubliés de Tromelin » est une incroyable aventure humaine autant qu’un témoignage bouleversant sur l’esclavage. Fruit d’une collaboration inédite entre un archéologue et un auteur de bande dessinée, le récit fait revivre la destinée de ces hommes et femmes, réduits en esclavage et abandonnés pendant quinze ans sur un minuscule îlot de l’océan Indien : Tromelin.

Tout commence par une histoire :

Un îlot perdu au milieu de l’océan Indien dont le voisin le plus proche est Madagascar, à 500 km de là… À la fin du XVIIIème siècle, un navire négrier, l’Utile, s’y échoue.

Lors du naufrage, l’équipage et une partie des esclaves arrivent à rejoindre l’île mais les autres Malgaches, enfermés dans les cales, périssent noyés. En quelques mois les survivants construisent alors une embarcation de fortune. L’équipage embarque et rejoint Madagascar, abandonnant derrière lui une soixantaine d’esclaves.

Les rescapés vont survivre sur ce bout de caillou traversé par les vents.

Ce n’est que le 29 novembre 1776, quinze ans après le naufrage, que le chevalier de Tromelin, commandant la corvette La Dauphine récupérera les 8 esclaves survivants : 7 femmes et un enfant de huit mois.

Une fois connu en métropole, ce « fait divers » servira à appuyer la cause des abolitionnistes, à l’orée de la Révolution française.

Depuis l’année internationale de commémoration de la lutte contre l’esclavage, sous le patronage de l’Unesco, Max Guérout, ancien officier de marine, créateur du groupe de recherche en archéologie navale (Gran), a monté en coopération avec l’Institut national de recherche archéologique préventive (INRAP) plusieurs expéditions pour retrouver les traces du séjour des naufragés et mieux comprendre leurs conditions de vie pendant ces 15 années isolées. Leurs découvertes démontrent une fois de plus la capacité humaine à s’adapter et survivre, en dépit de tout.

Sylvain Savoia est un auteur de bande dessinée aussi à l’aise dans l’aventure que dans la description du réel. Il a notamment édité chez Dupuis, Marzi, la série co-réalisée avec Marzena Sowa, sur une enfance polonaise dans les années d’avant la Chute du mur.

L’archéologue a invité le dessinateur à les rejoindre lors d’une expédition sur Tromelin. Sylvain Savoia partage avec nous quelques photos prises au cours de son voyage.

De là est né ce livre : une bande dessinée qui entremêle le récit « à hauteur humaine » (on « voit » l’histoire du point de vue d’une jeune esclave, l’une des survivantes sauvées par le chevalier de Tromelin) avec le journal de bord d’une mission archéologique sur sur ce petit îlot de l’océan Indien, aujourd’hui partie intégrante des îles Eparses, le 5ème district des TAAF.

À l'antenne parisienne des TAAF, de gauche à droite : Louis-Antoine Dujardin, Pascal Bolot, Sylvain Savoia et Max Guérout.

La première partie de la bande-dessinée étant d’ores et déjà achevée, Sylvain Savoia et son éditeur Louis-Antoine Dujardin ont remis le vendredi 24 janvier 2014 deux épreuves du travail en cours à Pascal Bolot, le préfet, administrateur supérieur des TAAF : l’une à l’intention de l’administration des TAAF et l’autre à l’intention de Victorin Lurel, le ministre des outre-mers, qui a visité l’île de Tromelin en avril 2013.

« Les Esclaves oubliés de Tromelin », une bande dessinée de Sylvain Savoia.
100 pages BD complétées d’un dossier historique par l’archéologue Max Guérout.

À paraître début 2015, aux Éditions Dupuis, dans la collection Aire Libre.

En savoir plus sur les fouilles archéologiques
Le site des TAAF
Le site du GRAN : Groupe de Recherche en Archéologie Navale

COMMENTAIRES

  1. Super ! vivement que cette bande dessinée arrive dans mes étagères.
    Connaissez-vous aussi le destin tragique des colons qui vécurent sur l’Île de Clipperton, l’atoll le plus isolé du monde ?

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